« Pour assurer la pérennité d’un pays, il est nécessaire d’appliquer une politique privilégiant le pragmatisme et le bon sens plutôt que l’idéologie déconnectée.
Pragmatisme et courage politique.
L’abandon du pragmatisme est dû à plusieurs facteurs.
1/ La divergence d’intérêts
Faille liée à la divergence d’intérêts qui incite toute personne qui conçoit la politique comme un plan de carrière à ne pas se fixer sur le réel en faisant prévaloir une idéologie souvent douteuse, utopique et simpliste (variable selon la « clientèle » visée).
Les politiques qui « pensent carrière » se comportent comme des boutiquiers, ils sont en recherche de clients qui les feront vivre, bien qu’ils ne produisent aucune valeur (au contraire, ils la taxent). Le mensonge est donc au cœur de leur stratégie car ils doivent absolument se montrer indispensables pour « justifier » et conserver leur place en vue de prochaines élections notamment. Là où une population a intérêt à disposer de dirigeants pensant sur le long terme, le système politique actuel amène les élus à penser sur le court terme.
2/ Confort de croire en leurs mensonges
C’est donc logiquement que, pour parvenir à faire carrière, une majorité d’acteurs politiques mentent abusivement pour mobiliser des électeurs à leur profit.
Quelques exemples :
« nous taxerons les riches » : cette affirmation qui revient très régulièrement dans le discours politique français constitue une promesse électorale mensongère (il suffit d’analyser une fiche de paie pour s’en rendre compte : la différence entre le brut et le net se fait ressentir également pour les bas revenus). Derrière cette mesure simple à comprendre, promise pour établir une soi-disant justice sociale, le politique élude les effets réels sur l’investissement, l’emploi et la croissance. En simplifiant son discours consistant à identifier des coupables (les riches, les patrons…) responsables de la pauvreté, le politicien appuie son pouvoir en prétendant « punir » toute personne souhaitant s’élever par le biais du privé notamment. Par le biais de cette idéologie, le travail ainsi que la réussite ne sont plus autorisés. Cette idéologie entraîne un appauvrissement généralisé à l’exception des gouvernants (hauts fonctionnaires). Indiquer son intention de taxer les riches consiste à appliquer une mesure simpliste (par ailleurs pleinement conforme à la doctrine socialiste), là où le pragmatisme exigerait une approche plus nuancée, fondée sur une analyse fine des mécanismes économiques et de leurs effets réels.
« Mon ennemi, c’est la finance » : déclaration de François Hollande (lors de la campagne présidentielle de 2012) suivant toujours l’idéologie socialiste, or il s’avère qu’il lui est nécessaire de recourir aux marchés financiers pour financer le système social défendu par son propre parti. C’est donc un discours mensonger et contre-intuitif mais en parfaite cohérence avec la stratégie socialiste. L’idéologie consistant à dénoncer la finance est facile et sans risque, il est de bon ton de montrer du doigt un secteur où l’argent et l’enrichissement sont prépondérants en évoquant l’aspect risqué qu’implique la finance. Après son élection, François Hollande ira jusqu’à nommer un banquier d’affaires comme ministre de l’économie, ce qui semble incohérent pour un président qui a comme ennemie la finance. Une posture pragmatique consisterait à considérer la finance comme un secteur utile, mais devant faire l’objet d’une vigilance constante afin d’en encadrer les dérives et de limiter les prises de risque excessives, notamment à travers des dispositifs de régulation internationaux tels que les accords de Bâle III. Dans cette perspective, la finance n’apparaît plus comme un adversaire idéologique à désigner, mais comme un levier économique indispensable au financement des entreprises, de l’innovation et des politiques publiques. Il s’agirait alors moins de la stigmatiser que de l’organiser efficacement, en conciliant dynamisme économique et stabilité systémique, afin d’éviter que ses excès ne se traduisent par des crises dont le coût est in fine supporté par l’ensemble de la collectivité.
« Le quoi qu’il en coûte » d’Emmanuel Macron illustre les symptômes d’une évacuation du réel, formule qui masque une évidence : toute dépense publique a un coût différé (dette, inflation, fiscalité future). En réalité, ce qu’il faut entendre de la part d’Emmanuel Macron, c’est : « ma réélection quoi qu’il en coûte ». Derrière le quoi qu’il en coûte se cache une stratégie à court terme : rassurer les électeurs (la France a une population âgée qui vote), quitte à négliger la santé (physique et mentale) des plus jeunes qui ne votent pas. En effet, cette formule intervient dans le contexte de la pandémie du COVID, à ce moment plusieurs mesures liberticides et dangereuses à terme sont entreprises par le président (s’inspirant fortement de la politique chinoise). Enfermement généralisé, vaccin obligatoire pour sortir, communication infantile et mensongère… Des mesures pragmatiques consisteraient à adopter une approche proportionnée, fondée sur une évaluation rigoureuse des risques sanitaires et des coûts sociaux, en privilégiant la protection ciblée des populations les plus vulnérables plutôt que des restrictions généralisées. Elles impliqueraient également un renforcement structurel du système de santé, longtemps fragilisé, afin de mieux faire face aux crises futures. En effet, ces mesures, issues d’une communication parfois approximative voire trompeuse, ont aussi permis de masquer certaines faiblesses profondes de notre système de santé, telles que le manque de lits hospitaliers, la pénurie de médecins et l’insuffisance d’équipements essentiels comme les respirateurs.
Ces différents exemples de mensonges amènent à céder au confort d’y croire sans avoir à chercher ce qu’ils cachent : une réalité complexe masquée par des idées simples à intégrer permettant aux politiques d’assurer leur carrière.
À l’opposé du confortable mensonge se trouve l’inconfortable réel. Celui qui démontre que le système des retraites dépend de la démographie, ce qui le rend non viable, celui qui constate qu’un État qui prétend assister la population est coûteux au point qu’il nous appauvrit et nous rend dépendants d’une caste de hauts fonctionnaires. Il y aurait bien d’autres exemples incitant à se réfugier dans des illusions rassurantes.
Les conséquences
L’abandon du pragmatisme, qu’on pourrait assimiler au bon sens « paysan », privilégie la technocratie, faisant croire qu’ils sont indispensables pour maintenir leurs privilèges. Dans ce processus, le politique vivant sur ses succès électoraux n’a aucun intérêt au pragmatisme.
Les slogans politiques mensongers fonctionnent comme des produits d’appel : « mon ennemi, c’est la finance », « quoi qu’il en coûte », « taxer les riches », « sans coût pour les Français ». Ces déclarations idéologiques, faites dans une quête de victoire électorale, évacuent le réel et ses conséquences. De ce système en résulte un État socialiste (où il demeure omniprésent) corrompu et où le politique tient la population (notamment par le biais des médias rattachés à l’État). Or, dans une démocratie saine, c’est l’inverse qui devrait se produire : le politique doit s’engager au service de son pays et de la population, dans une démarche volontaire et sincère. Une des failles qui conduit à valoriser l’idéologie sur le pragmatisme réside dans le fait que la politique peut être pensée comme un plan de carrière en cas de victoires électorales successives. Une solution consisterait à encadrer les revenus des élus qui ne devraient pas percevoir la politique comme un plan de carrière. »
