Récemment, un article sur les réseaux sociaux de France Info a mis en lumière une tendance étrange qui semble faire son chemin dans certains médias français : la comparaison des traditions populaires, comme les marchés de Noël, à des symboles du nazisme. Cette dérive intellectuelle, qui cherche à assimiler toute forme de patriotisme ou de tradition nationale à un passé sombre, mérite d’être analysée. Si l’on se réfère au contenu de la vidéo en question (retirée depuis), on peut y déceler une série d’arguments totalement dénués de fondement, en particulier de la part de certains commentateurs de gauche, qui tentent de « nazifier » nos traditions pour incriminer les personnes qui y sont attachées.

L’objectif de cette rhétorique est clair : faire de l’assimilation d’un élément culturel à l’idéologie nazie un moyen de disqualifier des valeurs que certains estiment « trop ancrées » dans le nationalisme ou à droite. Pourtant, la faiblesse de ces arguments saute aux yeux, et il est essentiel de les déconstruire pour remettre les choses dans leur juste perspective.

Les nazis mangeaient des légumes

Cet argument, bien que volontairement absurde, mérite d’être évoqué pour démontrer jusqu’où peut aller la manipulation de la pensée. Imaginons qu’un journaliste de France Info ou un intellectuel de gauche affirme : « Les nazis mangeaient des légumes, donc manger des légumes, c’est soutenir le nazisme ». Bien sûr, personne n’oserait sérieusement défendre une telle thèse. Pourtant, cette logique de culpabilisation, qui consiste à associer un comportement banal et quotidien à une idéologie totalitaire, n’est pas si éloignée de la façon dont certains essaient de « nazifier » des pratiques comme les marchés de Noël. Le fait que des nazis aient pu, dans certains contextes, être attachés à des symboles de la tradition allemande ne signifie pas que ces mêmes symboles sont intrinsèquement liés au nazisme. De la même manière, le fait de se rendre à un marché de Noël n’implique nullement un soutien aux idéologies extrémistes.

Cela revient à faire le parallèle entre des actes anodins et des idéologies meurtrières, ce qui est non seulement intellectuellement malhonnête, mais également dangereux pour le débat public. Nous vivons dans une époque où il est trop facile d »incriminer des traditions populaires sous prétexte qu’elles ne plaisent pas à certains mouvements politiques.

Un paradoxe idéologique : les socialistes aiment « nazifier », mais les nazis étaient socialistes

L’idée sous-jacente des médias du service public est de lier ces traditions à une forme de nationalisme qu’ils associent, à tort, à une forme de fascisme ou d’extrémisme politique. Mais voici le problème lorsque des socialistes tentent de décrédibiliser leur adversaires politique par la nazification : les nazis eux-mêmes se désignaient comme des socialistes.

Cette réalité dérange la gauche française, car elle met à mal l’un des principes fondamentaux de son idéologie : le rejet du fascisme et du nazisme au nom de la défense des « valeurs de gauche ». Il est donc mal vu, dans certains cercles de la gauche, d’admettre que les nazis ont bel et bien intégré le terme « socialisme » dans leur nom. Après tout, si les nazis étaient socialistes, cela pourrait nuire au socialisme que beaucoup essaient de promouvoir dans le débat public.

Il est en effet peu commun, pour les partisans d’une idéologie socialiste « moderne », de souligner que le régime nazi a choisi de s’appeler le « National-Socialisme » ou que le Parti des travailleurs allemands, embryon du NSDAP, avait des racines dans des mouvements anticapitalistes.

Cette dissonance crée un silence gêné parmi certains commentateurs de gauche qui préfèrent éluder ce détail historique gênant. Pour eux, l’idée que le nazisme ait pu solliciter le socialisme est inconfortable, car cela trouble la catégorisation simple qu’ils veulent faire entre la gauche se réclamant du « progressisme » et l’extrême droite qu’ils estiment« réactionnaire ». Admettre cette ambiguïté, c’est risquer de déstabiliser les certitudes idéologiques qui reposent sur l’idée d’une fracture nette entre les deux bords du spectre politique dans lesquelles il y aurait les « gentils » (de gauche) contre les « méchants » (d’extrême droite).

La « nazification » des traditions, une stratégie de dénigrement sans fondement

L’argumentation selon laquelle certaines traditions, comme les marchés de Noël, pourraient avoir une quelconque affiliation avec le nazisme est non seulement fallacieuse, mais elle relève d’une logique de dénigrement et de disqualification idéologique. À travers des comparaisons simplistes et des amalgames historiques, certains secteurs des médias « publics » et de la politique tentent de déstabiliser l’opinion publique, en réduisant des symboles populaires à des clichés malveillants. Ces stratégies cherchent à diviser la société en opposant les défenseurs de certaines traditions nationales (« les méchants ») à ceux qui les perçoivent comme un danger idéologique et un frein au « progrès » (« les gentils »).

Plutôt que de sombrer dans cette dérive, il est essentiel de revenir à une réflexion historique plus sérieuse et d’assumer nos traditions comme des éléments d’identité culturelle. Les marchés de Noël, comme d’autres pratiques culturelles, sont avant tout des espaces de convivialité, d’échange et de partage, loin des manipulations idéologiques qui tentent de les rattacher à des mouvements autoritaires. Il est grand temps de remettre de l’ordre dans ce débat et de retrouver une vision plus équilibrée de notre patrimoine commun.

Il est également important de rappeler que les médias publics qui relaissent ce type d’amalgames comme France Info sont financés par le contribuable. Cette réalité devrait théoriquement les obliger à traiter leur contenu avec neutralité et à une rigueur journalistique irréprochable, puisque tous les Français, quelles que soient leurs sensibilités politiques ou culturelles, contribuent à leur financement.