Introduction – Une crise politique avant d’être économique

La France traverse une crise profonde qui dépasse largement les seules questions économiques ou budgétaires. Elle est avant tout politique et morale. Depuis plusieurs décennies, la direction du pays semble davantage guidée par des logiques de carrière personnelle et de calcul électoral que par le souci du long terme. Ce manque de courage politique, combiné à un laisser-faire idéologique hérité de mai 68, a progressivement fragilisé les fondements mêmes du pays.

Une responsabilité générationnelle et un abandon du pouvoir réel

La génération d’après-guerre, et plus particulièrement celle de Mai 68, a profondément modifié la société française. Toutefois, le problème ne réside pas tant dans ses aspirations initiales que dans le laisser-faire politique qui a suivi.
Cette génération a laissé les rênes du pouvoir à des idéologues se réclamant du « camp du bien » et du « progrès », instaurant une vision manichéenne du débat public : toute opposition serait suspecte, voire moralement condamnable. Ce climat a peu à peu étouffé le débat démocratique, la nuance et le pragmatisme.

Le carriérisme politique et la démagogie électorale

Un des maux centraux du système politique français est la divergence d’intérêts entre les dirigeants et la nation. Lorsque la politique devient un plan de carrière, la tentation des acteurs politique est grande de dire ce que les électeurs veulent entendre plutôt que ce qui constitue la réalité qu’ils devraient entendre.


 Cette démagogie, illustrée dès l’arrivée au pouvoir de François Mitterrand, consiste à promettre la pérennité de modèles que l’on sait pourtant non viables, par peur de perdre le pouvoir. Le courage politique est sacrifié sur l’autel de l’élection ou de la réélection. Evacuer le réel et les conséquences sur l’avenir pour remporter des élections est un procédé que l’on peut qualifié d’escroquerie, indigne envers les générations futures.

Ce court extrait illustre parfaitement le manque de courage politique. On constate que François Mitterrand avait parfaitement compris que le système des retraites allait mettre la France en difficulté, reportant ainsi ce problème à ses successeurs (qui n’ont évidement rien fait pour éviter l’endettement massif de la France).

L’escroquerie politique et les contradictions des dirigeants

En ce qui concerne l’escroquerie politique et l’indignité François Hollande et Emmanuel Macron tiennent le haut du pavé et incarnent, chacun à leur manière, cette contradiction permanente entre discours et réalité.

Hollande désignait un ennemi sans visage : « la finance »  tout en dépendant massivement des marchés financiers pour financer le modèle social qu’il préconise (positionnement facile et habituel à gauche consistant à désigner des méchants).

Macron, quant à lui, semblant découvrir les dépenses qu’engendre le  système social français, reconnaît le coût excessif du système social (« un pognon de dingue »), mais applique simultanément le « quoi qu’il en coûte », notamment lors de la crise sanitaire, dans une logique principalement électorale visant à rassurer un électorat vieillissant.
 Dans les deux cas, la priorité semble avoir été la survie politique plutôt que le redressement structurel du pays.

L’État-providence et l’illusion de la gestion publique

Les dirigeants politiques ont entretenu l’idée que l’État pouvait et devait tout prendre en charge. Si on analyse l’exemple du système des retraites reposant sur la solidarité intergénérationnelle on constate que ce procédé s’apparente à une pyramide de Ponzi, dépendante de la croissance démographique (et engendre de la dette si la démographie n’est pas favorable).
 L’État n’a ni la vocation ni le savoir-faire pour faire fructifier un patrimoine sur le long terme. Cette absence de pragmatisme a conduit à des impasses financières dont les générations futures devront payer le prix.

L’effacement du pragmatisme et la radicalisation du débat public

Ce qui pourrait passé pour un manque de lucidité a également contaminé d’autres domaines majeurs : immigration, sécurité, rapport au travail. Toute tentative de nuance a été progressivement disqualifiée. Sous François Hollande notamment, l’idéologie a parfois pris le pas sur l’expérience et le réel, avec une tolérance accrue envers la clandestinité et une minimisation des enjeux sécuritaires, contribuant à un sentiment de déclassement et de perte de contrôle.

Conclusion – Une critique lucide, mais un avenir ouvert

Il serait injuste et simpliste de désigner toute une génération comme responsable. La critique vise moins la génération de Mai 68 dans son ensemble que son renoncement à transmettre une culture, la notion du réel, de la responsabilité et du débat ouvert, laissant le pouvoir à des idéologues convaincus d’incarner à eux seuls le bien et le progrès.
 Pourtant, l’espoir demeure. Une nouvelle génération émerge, plus curieuse, plus critique, et surtout désireuse de comprendre ce qui a fonctionné avant elle. Cette jeunesse semble prête à renouer avec le pragmatisme, à regarder l’histoire sans tabou, et à remettre le courage politique au cœur de l’action publique.
 Si le déclin est le fruit de choix humains, alors le redressement l’est aussi. Et c’est précisément là que réside l’espoir.