Comment certaines grandes villes peuvent transformer la pauvreté en ressource politique

Il existe un paradoxe que la politique municipale française préfère généralement ne pas regarder en face.
Certaines des villes les plus riches du pays sont aussi celles où la pauvreté, la crise du logement, la concentration des difficultés sociales, l’insécurité et le déclassement d’une partie des citoyens prennent une ampleur considérable.
Toujours davantage de logements sociaux. Toujours davantage de dispositifs d’accompagnement. Toujours davantage d’associations. Toujours davantage d’agents chargés de traiter les difficultés sociales. Toujours davantage de dépenses destinées à corriger les effets d’un système dont les causes restent largement intactes.
Alors une question dérangeante finit par s’imposer :
Et si la pauvreté n’était plus seulement un problème que le pouvoir cherche à résoudre, mais une situation dont certains mécanismes politiques ont appris à tirer profit ? C’est à se demander si chaque élu se réunit le matin pour décider comment fabriquer davantage de pauvres ?
Un système politique peut-il produire durablement de la dépendance sans que ses acteurs aient besoin d’en avoir explicitement décidé le principe ? C’est cette mécanique qu’il faut examiner.
I. Fabriquer la dépendance
Le logement social est l’un des meilleurs points de départ. À l’origine, sa justification est incontestable : permettre à des ménages qui ne peuvent accéder au marché privé de disposer d’un logement décent. Mais une politique publique doit être jugée non seulement sur son intention initiale, mais aussi sur ses effets à long terme.
La question devient alors :
le logement social constitue-t-il un tremplin vers l’autonomie ou devient-il, dans certains territoires, un système de résidence permanente pour une population durablement dépendante ?
Lorsqu’un ménage entre dans un logement social, il bénéficie d’une sécurité légitime. Mais si le système est organisé de telle manière que la sortie vers le marché privé ou vers la propriété devient extrêmement difficile, le logement cesse progressivement d’être une étape. Il devient une condition permanente.
Le mécanisme peut alors être représenté ainsi :
difficulté économique → logement social → concentration territoriale → dépendance aux politiques d’aide publiques → faible mobilité → reproduction de la pauvreté → électorat docile et fidèle.
La question n’est pas de savoir si le logement social est « bon » ou « mauvais ». La vraie question est :
Combien de personnes sortent réellement du système et combien y restent pendant des décennies ?
C’est une question que les responsables politiques devraient être capables d’affronter sans détour. Car une politique sociale dont la réussite se mesure principalement au nombre de bénéficiaires qu’elle entretient peut finir par confondre deux objectifs radicalement différents : réduire la pauvreté et administrer la pauvreté (et ainsi l’entretenir).
II. Une ville peut organiser la séparation qu’elle prétend combattre
Il suffit parfois de regarder une carte, au centre : les quartiers les plus recherchés, le patrimoine ancien, les commerces, les restaurants, les institutions culturelles, les professions supérieures, les sièges administratifs, les logements les plus chers. Plus loin : les grands ensembles, les quartiers prioritaires, les logements sociaux, les populations plus modestes et une concentration plus forte des difficultés. La ville proclame la mixité sociale, la géographie raconte autre chose.
Cette contradiction mérite d’être examinée car les catégories qui décident des politiques urbaines ne sont pas celles qui vivent quotidiennement dans les quartiers où leurs conséquences sont les plus visibles. Le haut fonctionnaire peut habiter le centre ville. Le cadre supérieur peut choisir un quartier préservé. Le responsable politique peut bénéficier d’un environnement urbain particulièrement favorisé. Pendant ce temps, les populations auxquelles sont destinées les politiques sociales peuvent être concentrées dans des territoires périphériques où les problèmes sociaux sont beaucoup plus intenses.
Dès lors, si on entre dans le jeux des discours politiques il faut poser la question :
Pourquoi une politique qui prétend se donner pour objectif de réduire les « fractures sociales » peut-elle aboutir à une ville où ces fractures demeurent géographiquement aussi fortes ? La réponse est peut-être moins idéologique qu’économique. Construire du logement social là où le foncier est moins cher est plus facile. Concentrer les dispositifs dans certains quartiers est plus efficace administrativement. Regrouper les populations ayant des besoins similaires permet de rationaliser les interventions. Mais ce qui est rationnel pour l’administration peut être catastrophique pour la mobilité sociale. Car lorsque la pauvreté se concentre, elle cesse d’être seulement une situation individuelle. Elle devient un environnement. École, logement, chômage, mobilité, sécurité, réseaux sociaux : les difficultés peuvent alors se renforcer mutuellement. On ne distribue plus seulement de l’aide. On finit par administrer un territoire de dépendance qui continuera à élire un maire socialiste.
III. De la dépendance matérielle à la dépendance électorale
C’est ici que le mécanisme devient politiquement intéressant pour les socialistes*. Un électeur qui ne dépend pas de l’État ou de la municipalité n’a pas les mêmes intérêts qu’un électeur dont le quotidien est directement lié à plusieurs politiques d’aides publiques. Logement social, allocations, tarifs sociaux, aides municipales, structures d’insertion, associations, services publics locaux, dispositifs de quartier. Chacun de ces mécanismes peut être parfaitement légitime pris séparément. Mais leur accumulation produit quelque chose de nouveau : un écosystème de dépendance. Et cette dépendance peut avoir une traduction électorale.
Si un électeur pense qu’une alternance politique pourrait remettre en cause les dispositifs dont il bénéficie, il peut rationnellement préférer le maintien de l’équipe en place. Le phénomène n’exige aucune conspiration. Il suffit d’une incitation, le pouvoir distribue (avec de l’argent public bien évidement), le bénéficiaire reçoit, le bénéficiaire souhaite conserver ce qu’il reçoit, l’élu promet de le maintenir, l’élu bénéficie en retour d’une fidélité électorale. Puis le système recommence.
Redistribution → dépendance → préférence pour la continuité → maintien du pouvoir → nouvelle redistribution.
La boucle est ainsi constituée, la question politiquement explosive devient alors :
À partir de quel niveau de redistribution une politique sociale cesse-t-elle seulement de protéger les plus fragiles pour devenir également un instrument de stabilisation électorale? Il suffit de constater que la création d’intérêts matériels attachés à une politique publique crée mécaniquement une clientèle potentielle pour celui qui promet de la maintenir (et ce mécanisme ne se limite d’ailleurs pas au niveau municipale).
IV. Aider les pauvres ou conserver les pauvres ?
Voilà le point où l’analyse devient véritablement dérangeante. Un élu peut avoir intérêt à conserver un système qui produit de la dépendance.
Supposons qu’une politique réussisse réellement : Le chômage diminue fortement, la mobilité sociale augmente, les ménages sortent du logement social, les associations deviennent moins nécessaires, les dispositifs d’accompagnement ferment progressivement, les populations dépendantes deviennent autonomes, le nombre de bénéficiaires diminue, le besoin d’administration diminue, le besoin de budgets diminue, le système se contracte.
C’est précisément ce qui devrait être considéré comme une réussite.
Mais cette réussite peut aussi réduire le poids politique et administratif de ceux qui vivent de la gestion du problème. Voilà ce qu’il faut appeler une incitation perverse. Le système n’a pas besoin de dire : « Créons de la pauvreté. ». Il lui suffit de récompenser davantage la gestion de la pauvreté que sa disparition. La différence est fondamentale car elle permet de comprendre comment un système peut produire un résultat lamentable. La dépendance devient ainsi une rente pour ceux qui la gèrent (politiques, administrations…).
V. La pauvreté comme secteur économique
C’est ici que l’on découvre un autre acteur du système : l’administration elle-même. À chaque problème correspond désormais une structure. À chaque structure correspond un budget.À chaque budget correspondent des postes. À chaque poste correspond une compétence. Et à chaque compétence correspond une justification.
Pauvreté ? Créons un dispositif. Décrochage scolaire ? Un autre dispositif. Insertion ? Encore un autre. Prévention ? Médiation ? Accompagnement ? Politique de la ville… ? Puis il faut coordonner tous ces dispositifs. Alors apparaissent les coordinateurs. Puis les responsables. Puis les directeurs. Puis les évaluateurs. Puis les consultants. Puis les organismes partenaires. Puis les associations subventionnées. La machine administrative grossit. Et à mesure qu’elle grossit, elle acquiert ses propres intérêts.
La pauvreté devient un secteur économique.
Le problème est institutionnel. Lorsqu’une organisation dépend financièrement d’un problème pour justifier son existence, la disparition du problème menace mécaniquement son existence. C’est une loi élémentaire des organisations. Et c’est pourquoi il faut poser une question que la politique évite généralement : Combien coûte le problème, et combien coûte l’industrie administrative qui s’est construite autour de lui ?
VI. Ceux qui gouvernent la pauvreté ne vivent pas avec elle
C’est ici que le système prend une dimension presque théâtrale.
Les discours sur l’égalité sont omniprésents. Les réalités de la vie quotidienne le sont beaucoup moins. Le logement social est défendu. Mais où vivent ceux qui le défendent ? La densification est présentée comme une nécessité écologique. Mais où habitent ceux qui la décident ? La mixité sociale est proclamée mais les quartiers des catégories dirigeantes sont-ils réellement mixtes ?
pourquoi ceux qui disposent des moyens de choisir leur environnement imposent-ils parfois aux autres une organisation urbaine dont ils ne subissent pas eux-mêmes les principales conséquences ? Cette asymétrie mérite d’être étudiée. Car une politique devient particulièrement perverse lorsque ceux qui la décident ne sont pas ceux qui en supportent directement le coût.
VII. La fabrique du « bon citoyen »
Mais un système de redistribution ne peut fonctionner durablement sans obtenir l’adhésion de ceux qui le financent.C’est ici qu’intervient la dimension morale. Le citoyen qui réussit est invité à considérer sa réussite avec suspicion.
Il gagne bien sa vie ? Il doit davantage contribuer. Il possède son logement ? Il est privilégié. Il travaille dans le privé ? Il bénéficie du système économique et doit donc davantage rendre à la collectivité. Il conteste certaines dépenses ? Il risque d’être accusé d’égoïsme. À l’inverse, celui qui défend toujours davantage de redistribution peut bénéficier d’une position morale avantageuse. Il est solidaire, généreux, « pense aux autres ». Le débat économique devient alors un débat moral.
Et c’est une arme politique redoutable.
Car une politique qui peut être contestée économiquement devient beaucoup plus difficile à contester lorsqu’elle est présentée comme une obligation morale.
Qui pourrait être contre les pauvres ? Personne. Mais cette question est un piège. On peut parfaitement vouloir aider les pauvres tout en demandant si les politiques mises en œuvre les sortent effectivement de la pauvreté. On peut approuver la solidarité tout en refusant que la solidarité devienne dépendance. On peut être favorable au logement social tout en demandant pourquoi certains ménages y restent pendant des décennies. On peut être favorable aux associations tout en exigeant de savoir précisément ce que devient l’argent public. La compassion ne dispense pas de mesurer les résultats.
VIII. Le nivellement par le bas
C’est ici que se trouve probablement le cœur idéologique du système. Le nivellement par le bas prend alors une dimension stratégique qui permet à un pouvoir socialiste de se maintenir démocratiquement, élections après élections : réduire progressivement l’intérêt de l’effort individuel tout en augmentant la dépendance collective.
Celui qui travaille davantage paie davantage. Idem pour celui qui entreprend et supporte davantage de risques. Celui qui investit supporte davantage de fiscalité et de réglementation. Celui qui réussit est davantage sollicité (et incriminé si il n’adhère pas « aux dogmes de la gauche »).
Le problème apparaît lorsque le système finit par rendre plus rentable politiquement l’ appauvrissement généralisé plutôt que l’augmentation global du niveau de vie.
Un discours politique obsédé par les écarts de richesse peut être tenté de considérer l’écart lui-même comme le problème principal. On ne cherche alors plus à enrichir les plus pauvres, on cherche à réduire la distance entre eux et ceux qui devraient parvenir à s’enrichir. La différence est fondamentale. L’ascension sociale transforme les pauvres en classes moyennes. L’obsession lié aux écarts de richesse transforme les classes moyennes en catégories suspectes de privilégiés qu’il faut rabaisser. L’habilité du politique notamment socialiste réside en sa capacité de rendre obsessionnel les écarts de richesse au vue de la population (sans poser la question du mérite).
IX. La corruption : le scandale n’est pas toujours illégal
Il faut également débarrasser le mot « corruption » de son seul sens pénal.
Il existe une corruption évidente : détournements, favoritisme, prise illégale d’intérêts, marchés truqués. Celle-là relève de la justice. Mais il existe aussi quelque chose de plus difficile à saisir : le clientélisme. Distribuer des ressources publiques à des réseaux (exemple : associations subventionnées). Entretenir des organisations qui deviennent politiquement indispensables. Favoriser certaines catégories. Multiplier les postes et les structures. Utiliser la dépense publique et endetter la municipalité pour construire des relais.Tout cela n’est pas nécessairement illégal mais cela peut produire une forme de rente politique. C’est pourquoi la question essentielle n’est pas seulement : « Y a-t-il eu une infraction ? » Elle est aussi : « Qui bénéficie durablement du système et qui a intérêt à sa perpétuation ? »
Une démocratie peut parfaitement respecter le droit (rédigé par les élus) tout en développant des mécanismes de dépendance politique. C’est même ce qui les rend particulièrement difficiles à combattre.
X. La boucle infernale
Nous pouvons désormais assembler les pièces. La mécanique ressemble à ceci :
Pauvreté → Logement social et redistribution → Concentration territoriale → Dépendance → Clientèle électorale potentielle → Maintien du pouvoir → Expansion administrative → Associations, emplois, subventions, marchés → Hausse des dépenses → Pression fiscale → Départ d’une partie des ménages et des activités les plus mobiles → Affaiblissement relatif de la base productive → Besoin accru de redistribution → Nouvelle dépendance
Et la boucle recommence. Voilà pourquoi il ne faut pas regarder séparément le logement social, les subventions associatives, les dépenses municipales, la géographie électorale, la fiscalité et la pauvreté. Ils peuvent constituer les différentes pièces d’un même système.
XI. Une ville qui ne veut plus faire sortir les gens de la pauvreté
Le bon sens voudrait qu’une politique publique devrait avoir un objectif relativement simple :
rendre progressivement les individus moins dépendants d’elle. C’est le critère ultime. Un dispositif d’insertion réussi devrait finir par devenir inutile pour celui qui en bénéficie. Un logement social devrait pouvoir constituer une étape vers davantage d’autonomie. Une politique de formation devrait permettre de quitter le chômage. Une politique économique devrait créer suffisamment d’emplois pour rendre le travail plus attract éducative devrait réduire les déterminismes sociaux. Une politique économique devrait créer suffisamment d’emplois pour rendre le travail plus attractif que la dépendance.
Si, au contraire, chaque dispositif appelle un dispositif supplémentaire, si chaque problème justifie une nouvelle administration et si chaque génération reproduit la précédente dans les mêmes quartiers, il faut avoir le courage de poser la question interdite :
et si le système ne cherchait plus réellement à sortir les individus de la pauvreté, mais seulement à rendre leur pauvreté rentable pour les élus et l’administration ?
XII. Le système qui a besoin de ses victimes
Le problème n’est pas que les socialistes parlent des pauvres. Le problème commence lorsque la pauvreté devient politiquement utile. Lorsqu’une population pauvre peut devenir une clientèle électorale. Lorsque cette clientèle justifie des budgets non viables. Lorsque ces budgets justifient des administrations toujours plus gourmandes. Lorsque ces administrations créent des emplois fictifs. Lorsque ces emplois alimentent des réseaux d’influence. Lorsque ces réseaux deviennent politiquement indispensables.
Et lorsque la morale vient ensuite expliquer à ceux qui financent le système qu’ils doivent accepter indéfiniment d’en supporter le coût. Le système devient alors remarquablement stable. Il n’a même plus besoin d’être conspiratif. Il lui suffit que chacun y trouve une raison de le préserver. Le bénéficiaire veut conserver son aide. L’association veut conserver sa subvention. L’administration veut conserver son budget. L’élu veut conserver son mandat. Le parti veut conserver sa ville. Et celui qui paie est sommé de comprendre qu’il doit être solidaire. Voilà le véritable mécanisme que l’on peut observer.
Le système politique socialiste a davantage intérêt à conserver des pauvres qu’à produire des citoyens autonomes. Car une population autonome peut changer de gouvernement sans craindre de perdre son logement, ses prestations ou son environnement institutionnel. Une population dépendante, elle, regarde le changement politique avec davantage d’appréhension. C’est pourquoi le véritable pouvoir ne consiste pas seulement à distribuer de l’argent. Il consiste à créer les conditions dans lesquelles ceux qui reçoivent ont intérêt à ce que celui qui distribue reste au pouvoir.
Et c’est là que la promesse d’égalité peut se retourner contre elle-même. Car si l’on ne cherche plus à élever ceux qui sont en bas mais seulement à réduire l’écart avec ceux qui sont en haut, si l’on transforme la réussite « privée » en privilège suspect, si l’on transforme la pauvreté en identité politique et la redistribution en preuve de vertu, alors le « progrès social » cesse d’être une ascension. Il devient une gestion des positions. Le pauvre n’est plus quelqu’un qu’il faut sortir de la pauvreté. Il devient quelqu’un qu’il faut protéger, représenter, administrer et parfois conserver comme « bénéficiaire » du système.
IX. Nantes, Paris, Lille, Lyon : quatre terrains d’observation
Il faut maintenant quitter la théorie.
Nantes, Paris, Lille et Lyon doivent être étudiées avec exactement les mêmes indicateurs. Pour voir si le mécanisme résiste aux chiffres.
Pour chacune :
Qui gouverne ?
Depuis combien de temps ? Quelle alternance ? Quels partis ? Quels réseaux politiques ?
Combien coûte le système ?
Évolution :
- des dépenses ;
- de la dette ;
- de la fiscalité ;
- de la masse salariale ;
- des subventions.
Où vivent les populations ?
Cartographie :
- pauvreté ;
- logement social ;
- revenus ;
- chômage ;
- niveau de diplôme ;
- propriété immobilière.
Qui reçoit quoi ?
Logements.Prestations. Subventions. Marchés publics. Emplois publics. Dispositifs d’insertion.
Qui paie ?
Ménages. Entreprises. Propriétaires. Contribuables. Endettement
Et surtout : quels résultats ?
Le nombre de pauvres diminue-t-il ? Les ménages sortent-ils du logement social ? La mobilité sociale augmente-t-elle ? Les classes moyennes restent-elles dans la ville ? Les emplois privés progressent-ils ? La criminalité évolue-t-elle ? Les services publics s’améliorent-ils ? Les dépenses produisent-elles des résultats mesurables ?
